Le Rapport 2006 de l’Observatoire des Mines montre que la
Convention sur l’interdiction des mines et le mouvement
d’interdiction en général font des progrès constants
dans l’éradication des mines antipersonnel et sauvent des vies tout
en empêchant des mutilations dans toutes les régions du monde. Cela
dit, il reste plusieurs défis à relever.
La présente édition de l’Observatoire des Mines
décrit en détails les progrès réalisés et les
obstacles à franchir dans plus de 120 pays, y compris les pays encore
minés et ceux qui détiennent des stocks importants de mines
antipersonnel ainsi que la minorité décroissante des Etats qui
n’ont toujours pas adhéré à la Convention sur
l’interdiction des mines. Le Rapport 2006 de l’Observatoire des
Mines constitue une mise à jour annuelle du Rapport 2005 de
l’Observatoire des Mines.
Le Rapport 2006 de l’Observatoire des Mines couvre la
période qui va de mai 2005 à mai 2006. Dans la mesure du possible,
ses éditeurs ont ajouté des informations importantes reçues
ultérieurement. Les statistiques relatives à l’action contre
les mines et aux victimes de mines sont généralement
données pour l’année civile 2005 et sont comparées
aux statistiques de 2004.
Vaste rejet international des mines antipersonnel
En date du 1er juillet 2006, la
Convention sur l’interdiction des mines comptait 151 États
parties et trois pays signataires, ce qui représente plus des trois
quarts des pays du monde. Depuis la publication du Rapport 2005 de
l’Observatoire des Mines, 4 pays signataires ont ratifié la
Convention : l’Ukraine, Haïti, les Iles Cook et Brunei.
L’Ukraine détient 6,7 millions de mines antipersonnel : il
s’agit du quatrième plus important stock de mines du monde.
Plusieurs Etats, tels que l’Indonésie, le Koweït, Palau et la
Pologne, ont fait part de leur volonté d’adhérer à la
Convention dans un avenir proche. De nombreux Etats qui ne sont pas parties
à la Convention sur l’interdiction des mines ont pris des mesures
conformes à celle-ci.
Rejet croissant des mines antipersonnel
La résolution 60/80 de l’Assemblée générale
des Nations Unies appelant à l’universalisation de la Convention
sur l’interdiction des mines a été adoptée le 8
décembre 2005 par un vote de 158 États en faveur de la
résolution, zéro contre et 17 abstentions. Il s’agit
d’un nombre record de votes en faveur de cette résolution annuelle
et le nombre d’abstentions le plus bas depuis 1997 lorsqu’elle fut
introduite pour la première fois. Vingt-quatre Etats non parties à
la Convention ont voté en faveur de la résolution, notamment
l’Azerbaïdjan et la Chine et ce, pour la première fois.
Groupes armés non étatiques s’engageant contre
l’utilisation de mines antipersonnel
Au Sahara occidental, le Front Polisario a signé en novembre 2005 la
Déclaration d'engagement auprès de l'Appel de Genève pour
l'adhésion à une interdiction totale des mines antipersonnel,
suivi du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui a signé en juillet
2006.
Défi représenté par l’universalisation
Aucun des 40 Etats non signataires n’a
accédé à la Convention sur l’interdiction des mines
au cours des 12 derniers mois. Certains pays stockant, produisant ou utilisant
des mines dans une large mesure restent en marge de la Convention, notamment la
Birmanie, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, le Pakistan et la Russie.
Certains pays dont les efforts allant dans le sens de la Convention avaient
été signalés dans le Rapport 2005 de
l’Observatoire des Mine n’ont fait part d’aucun
progrès ultérieur à ce sujet : c’est notamment
le cas de Bahreïn, d’Oman, du Kirghizstan, de la Libye et des Emirats
arabes unis.
Aucune utilisation de mines antipersonnel par les États parties ni par
les signataires de la Convention sur l’interdiction des mines
Il n’y a aucun élément de preuve ni
d’allégations sérieuses permettant d’établir
que des États parties ou des signataires de la Convention sur
l’interdiction des mines ont employé des mines antipersonnel. Ce
fait est remarquable étant donné qu’un grand nombre
d’entre eux utilisait encore des mines dans un passé récent
avant de devenir des Etats parties ou signataires.
Trois cas d’emploi de mines antipersonnel par des
gouvernements
Durant la période couverte par le
présent rapport de l'Observatoire des Mines, au moins trois gouvernements
ont continué à avoir recours à des mines
antipersonnel : le Népal, la Russie et le Myanmar (Birmanie) qui
arrive en tête de ce triste peloton. Cependant, en mai 2006, le
gouvernement du Népal et les rebelles maoïstes ont convenu
d’un cessez-le-feu et d’un code de conduite excluant le recours aux
mines terrestres. Ces trois gouvernements ainsi que la Géorgie avaient
été identifiés comme utilisateurs de mines dans le
Rapport 2005 de l’Observatoire des Mines et les
précédents rapports, constituant ainsi les seuls Etats employant
encore des mines antipersonnel.
Des groupes armés non étatiques continuent à avoir
recours à des mines antipersonnel
Le nombre de pays dans lesquels des groupes
armés non étatiques emploient des mines antipersonnel est plus
élevé que celui des Etats où ce sont les forces
gouvernementales qui y ont recours ; néanmoins, l’utilisation
de mines par des groupes armés non-étatiques est en baisse. Au
cours de la période couverte par le présent rapport, des groupes
armés non étatiques ont employé des mines antipersonnel ou
des engins explosifs improvisés (IED) dans 10 pays au moins, dont trois
Etats parties (Burundi, Colombie et Guinée-Bissau) et sept autres
États (Birmanie, Inde, Irak, Népal, Pakistan,
Russie/Tchétchénie et Somalie). Le Rapport 2005 de
l’Observatoire des Mines signale que des groupes armés non
étatiques ont fait usage de mines antipersonnel dans au moins 13 pays. La
Guinée-Bissau, où les rebelles sénégalais ont
employé des mines à l’encontre de l’armée
nationale, a été ajoutée à la liste tandis que la
Géorgie, les Philippines, la Turquie et l’Ouganda n’y
figurent plus cette année.
Production de mines antipersonnel dans 13 pays
L’Observatoire des Mines recense actuellement 13 pays producteurs de
mines antipersonnel, soit autant que l’année dernière :
la Birmanie, la Chine, Cuba, l’Inde, l’Iran, la Corée du
Nord, la Corée du Sud, le Népal, le Pakistan, la Russie,
Singapour, les États-Unis et le Vietnam. Certains de ces pays ne
produisent pas de mines à l’heure actuelle mais se réservent
le droit de le faire. Les Etats-Unis, qui n’ont pas produit de mines
antipersonnel depuis 1997, ont toutefois mis au point de nouveaux
systèmes de mines terrestres qui peuvent s’avérer
incompatibles avec la Convention d’interdiction des mines. En novembre
2005, des représentants du gouvernement vietnamien ont
déclaré à une délégation canadienne que le
Vietnam ne produisait plus de mines antipersonnel ; l’Observatoire
des Mines tente actuellement de clarifier et de confirmer cette information. Au
moins 38 Etats ont cessé la production de mines antipersonnel dont 5
États qui ne sont pas parties à la Convention sur
l’interdiction des mines.
Interdiction mondiale de facto du commerce des mines antipersonnel
Au cours des dix dernières années, on estime que le commerce
mondial des mines antipersonnel s’est réduit à des
transferts illicites limités et non reconnus. Pour la période
couverte par le rapport, seul un petit nombre de cas de ce type de trafic de
mines antipersonnel a été signalé.
Allégations émises par un panel des Nations Unies au sujet
du transfert de mines antipersonnel
Un panel des Nations Unies a formulé des
allégations extrêmement sérieuses et précises
d’un transfert de mines antipersonnel effectué par un Etat partie
à la Convention sur l'interdiction des mines. En mai 2006, un groupe de
surveillance de l’embargo des Nations Unies sur les armes a signalé
que le gouvernement de l’Erythrée avait fourni 1000 mines
antipersonnel aux militants intégristes en mars 2006 en Somalie .
L’Erythrée a rejeté cette allégation qu’elle
considère comme « dénuée de tout fondement et
injustifiée » tout en qualifiant le rapport en question de
« scandaleux et regrettable ».
Destruction de plusieurs millions de mines antipersonnel provenant de
stocks
Dans la période du présent rapport,
quatre États parties ont achevé la destruction de leurs
stocks : la Guinée-Bissau, le Nigéria, l’Algérie
et la République démocratique du Congo. 74 Etats parties ayant
achevé la destruction de leurs stocks et 64 autres n’ayant jamais
possédé de mines, il reste donc 13 Etats parties ayant encore des
stocks à détruire. Quelques 700 000 mines antipersonnel
provenant de stocks ont été détruites par les États
parties depuis la dernière édition du Rapport de l'Observatoire
des Mines. Au total, les Etats parties ont détruit plus de 39,5 millions
de mines antipersonnel.
Des millions de mines encore stockées par des Etats
non-parties
L’Observatoire des Mines estime que les Etats
non-parties à la Convention possèdent des stocks de plus de 160
millions de mines antipersonnel, dont la majorité est détenue par
seulement cinq Etats : la Chine (environ 110 millions), la Russie (26,5
millions), les États-Unis (10,4 millions), le Pakistan (environ 6
millions) et l’Inde (environ 4 à 5 millions). Pour la
première fois, la Corée du Sud a communiqué avec
précision le nombre total de mines stockées (407 800) ;
jusque là, le stock se chiffrait à environ 2 millions de mines
antipersonnel d’après les informations fournies par certaines
autorités. La Pologne, pays signataire, détient quant à
elle près d’un million de mines antipersonnel.
Trop de mines conservées à des fins de formation sans
justifications suffisantes
En vertu de l’exception prévue par l’Article 3 de la
Convention, 69 États parties conservent plus de 227 000 mines
antipersonnel. Cinq États parties se partagent à eux seuls
près d’un tiers de toutes les mines stockées à ce
titre : le Brésil, l’Algérie, le Bangladesh, la Suède
et la Turquie. Trop peu d’Etats ont expliqué en détail pour
quelles raisons ils conservent ces mines ; par ailleurs, il semblerait dans
de nombreux cas que les mines stockées ne soient pas utilisées du
tout. Seuls 11 Etats parties ont fait usage du nouveau format établi en
décembre 2005 lors de la 6e Assemblée annuelle des
Etats parties pour exposer leurs intentions quant aux mines conservées et
l’utilisation qu’ils en font.
Moins de mines conservées pour la formation et la recherche
Le nombre de mines conservées à des fins de formation ou de
recherche a diminué de 21 000 au cours de la période couverte par
le rapport. 5 nouveaux Etats ont décidé de ne pas conserver de
mines et/ou ont détruit leurs stocks existants : la
République démocratique du Congo, l’Erythrée, la
Hongrie, l’ex-République yougoslave de Macédoine et la
Moldavie. Au moins 71 États parties ont choisi de ne pas garder de mines
antipersonnel.
Stabilité du taux élevé de soumission d’un premier
rapport de transparence
Le taux de respect de l’obligation de la
Convention à soumettre un premier rapport de transparence est
resté stable, plafonnant à 96 pour cent en 2005 avec la remise des
rapports du Cameroun et de la Lettonie.
Remise tardive des rapports de transparence par certains pays
Au 1er juillet 2006, six États parties n’avaient
toujours pas présenté le premier rapport prévu par
l’Article 7, le délai de remise étant déjà
dépassé : la Guinée Equatoriale, le Cap Vert, la
Gambie, Sao Tomé-et-Principe, le Guyana et l’Ethiopie. Pour la
seconde année d’affilée, on a constaté une baisse du
taux d’obtempération à l’obligation de
présenter un rapport annuel de mise à jour en vertu de
l’Article 7. Au 1er juillet 2006, 90 Etats, soit 62 pour cent
d’entre eux, avaient remis leurs rapports actualisés, la date
limite étant fixée au 30 avril 2006.
Un nombre croissant d’Etats parties rendent public leur point de vue sur
des questions clés relatives à l’interprétation et
à la mise en œuvre de la Convention sur l’interdiction des
mines
L’Albanie, le Tchad, Chypre, l’Estonie,
l’ex-République yougoslave de Macédoine, la Moldavie, la
Slovénie et le Yémen ont fait part de leur interprétation
nationale de l’Article 1 en vertu duquel il est interdit d’aider
quiconque à s’engager dans toute activité prohibée
par la Convention, en particulier en ce qui concerne les opérations
militaires conjointes avec des Etats non-parties ; l’ensemble des
Etats concernés était d’accord sur le fond avec la position
de l’ICBL en la matière. L’Albanie, la Croatie,
l’Allemagne, l’Estonie, le Guatemala, le Kenya,
l’ex-République yougoslave de Macédoine, la Moldavie, la
Slovénie et le Yémen ont fait part de leur opinion partagée
par l’ICBL et selon laquelle toute mine (même celles
qualifiées de mines anti-véhicules) pouvant se déclencher
sous l’effet de l’acte non intentionnel d’une personne est
prohibée et/ou sont d’avis, tout comme l’ICBL que toute mine
pourvue d’un fil-piège, d’un fil-piège à
rupture ou d’une tige-poussoir est interdite.
Réduction du nombre de pays minés
Les recherches de l’Observatoire des Mines ont recensé au moins
78 pays subissant les effets des mines antipersonnel à la mi-2006, dont
51 sont des États parties à la Convention sur l’interdiction
des mines, ainsi que huit régions non reconnues comme États
indépendants sur le plan international ou dont la juridiction est
contestée. Deux Etats parties à la Convention sur
l’interdiction des mines, le Guatemala et le Suriname, ont
déclaré avoir achevé en 2005 le déminage de toutes
les zones minées se trouvant sur leur territoire.
Augmentation de la productivité du déminage
En 2005, plus de 740 kilomètres carrés ont été
déminés au total, ce qui représente la productivité
annuelle la plus élevée depuis l’introduction des techniques
modernes de déminage à la fin des années 1980. Trois
principaux programmes d’action contre les mines mis en œuvre en
Bosnie-Herzégovine, au Cambodge et au Yémen ont permis à
eux seuls de réduire de près de 340 kilomètres
carrés la surface soupçonnée d’être
contaminée. Plus de 470 000 mines terrestres (en grande
majorité des mines antipersonnel au nombre de 450 000) et plus de
3,75 millions d’engins explosifs ont été
détruits..
Pas assez d’Etats parties en mesure de respecter les
échéances établies par l’Article 5 pour
l’achèvement du déminage
Trop d’États parties ne semblent pas être en mesure de
respecter les échéances fixées par l’Article 5, dont
13 des 29 États parties ayant une échéance en 2009 ou
2010 : la Bosnie-Herzégovine, le Cambodge, le Tchad, la Croatie, le
Danemark, le Mozambique, le Niger, le Sénégal, le Tadjikistan, la
Thaïlande, le Royaume-Uni (Malouines), le Yémen et le Zimbabwe.
Développement de la sensibilisation aux dangers des mines (ou MRE pour
« m
Les programmes de sensibilisation aux dangers des mines ont pris de
l’ampleur dans de nombreux pays avec la mise en place de nouveaux projets
et activités dans 28 pays, ce qui constitue une évolution
remarquable par rapport à 2004 (15 pays étaient alors
concernés). Pour la première fois, des activités de MRE ont
été organisées en Chine. On a constaté un
accroissement du nombre de volontaires et d’ONG nationales mettant en
œuvre des activités communautaires de sensibilisation aux dangers
des mines. L’Observatoire des Mines a recensé des programmes de MRE
dans 60 pays et huit régions en 2005-2006, 39 des pays en question
étant des États parties à la Convention sur
l’interdiction des mines.
Davantage de victimes en 2005-2006
En 2005, le nombre de victimes signalé est passé à
7 328, ce qui représente une augmentation de 11 pour cent par
rapport à 2004. En 2005-2006, des personnes ont été
victimes de mines terrestres et de débris de guerre explosifs dans 58
pays (même nombre que l’année dernière) et 7
régions (soit une région de moins). (L’Observatoire des
Mines continue toutefois d’estimer le nombre annuel de nouvelles victimes
à 15 000-20 000 – voir ci-dessous). En 2005, on a
dénombré de nouvelles victimes dans sept pays qui n’en
comptaient aucune en 2004 : le Chili, le Honduras, le Kenya, la Moldavie,
le Maroc, la Namibie et le Pérou. En 2005-2006, l’intensification
des conflits a entraîné davantage de victimes civiles et militaires
(ressortissants nationaux et étrangers) de mines et de débris de
guerre explosifs dans plusieurs pays tels que le Tchad, la Colombie, le
Pakistan, la Birmanie/Myanmar et le Sri Lanka.
Des victimes de débris de guerre explosifs dans un plus grand
nombre de pays
En 2005-2006, l’Observatoire des Mines a identifié 16 pays (par
rapport à 12 auparavant) et une région (aucune en 2004) ne
comptant aucune nouvelle victime de mines terrestres mais où seuls les
débris de guerre explosifs ont fait des victimes : le Bangladesh, la
Biélorussie, la Bolivie, la Côte d’Ivoire, le Guatemala, la
Hongrie, le Kirghizistan, la Lettonie, le Liberia, la Macédoine, la
Mongolie, la Pologne, la République du Congo, la Tunisie, l’Ukraine
et la Zambie, de même que le Kosovo. Dans 11 de ces pays,
l’Observatoire des Mines n’avait dénombré aucune
victime de débris de guerre explosifs en 2004.
Accroissement du nombre de survivants d’accidents provoqués
par des mines et de victimes mortelles de mines
Grâce aux améliorations apportées au recueil des
données, on peut évaluer le nombre de survivants d’accidents
dus aux mines de 350 000 à 400 000 environ dans le monde
à l’heure actuelle, ce chiffre pouvant même atteindre
500 000. Seuls 10 des 58 pays et des sept régions dans lesquels des
victimes ont été dénombrées en 2005-2006
étant en mesure de fournir des données pour l’année
complète et en raison des fréquentes omissions de signalement des
accidents dus aux mines, l’Observatoire des Mines continue d’estimer
qu’il y a entre 15 000 et 20 000 nouvelles victimes de mines
terrestres ou de débris de guerre explosifs chaque année.
Certaines indications préliminaires laissent penser que cette estimation
pourrait être revue à la baisse au cours des années à
venir. Un fait plus important mérite d’être
signalé : le nombre de survivants continue à augmenter et
ceux-ci ont des besoins à long terme.
L’assistance aux victimes de mines bénéficie d’une
attention accrue
Les Etats parties ont renforcé le soutien accordé à 24
pays ayant un nombre considérable de survivants d’accidents dus aux
mines, ce qui a permis de développer des outils, de définir des
objectifs et de mettre au point des plans d’action, et également de
mieux suivre les progrès réalisés, de rendre des comptes,
de mettre en place de bonnes pratiques afin de faciliter
l’intégration des survivants, d’améliorer la
coordination et d’intégrer cette assistance aux activités de
développement. Cependant, en 2005, les programmes existants
étaient loin de répondre aux besoins des survivants
d’accidents causés par des mines terrestres ; dans 49 des 58
pays dénombrant des victimes en 2005-2006, un ou plusieurs aspects de
l’aide apportée restent insuffisants. Les organisateurs de
l’assistance aux victimes sont toujours confrontés aux mêmes
problématiques que les années précédentes :
insuffisance des accès aux soins, diversité et efficacité
de l’aide, capacité, mise en œuvre des droits et
financement.
Importance des fonds alloués à la lutte contre les mines en
2005
En 2005, les fonds alloués à la lutte contre les mines ont
atteint 376 millions de dollars au total, ce qui est à ce jour le
deuxième meilleur score et représente 37 millions de dollars de
plus qu’il y a deux ans. Les quatre principaux bailleurs de fonds
étaient les suivants : les États-Unis (81,9 millions de
dollars), la Commission Européenne (51,5 millions), le Japon (39,3
millions) et la Norvège (36,5 millions). La moitié des 20
donateurs les plus importants a augmenté en 2005 sa contribution
à la lutte contre les mines : il s’agit de l’Australie,
de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, des Pays-Bas, de la
Norvège, de la Slovaquie, de la Suède, de la Suisse et du
Royaume-Uni.
Diminution des fonds internationaux alloués à la lutte
contre les mines
Le total perçu en 2005 s’élevait à 376 millions de
dollars, ce qui représentait une baisse de près de six pour cent
(23 millions de dollars) par rapport à 2004. C’est la
première fois que le financement mondial de la lutte contre les mines
diminue de manière sensible depuis 1992, époque à laquelle
les Etats ont commencé à consacrer des ressources significatives
à l’action contre les mines. En 2005, la moitié des 20
principaux bailleurs de fonds a diminué sa contribution
destinée à la lutte contre les mines : l'Autriche, la
Belgique, le Canada, le Danemark, la Finlande, l’Irlande, le Japon, la
Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis et la Commission européenne.
Cette baisse globale reflète en grande partie les réductions
drastiques auxquelles ont procédé les deux donateurs les plus
importants : la Commission Européenne (diminution de 14,9 millions
de dollars) et les États-Unis (14,6 millions de moins).
Bénéficiaires des fonds alloués à la lutte contre
les mines
En 2005, les pays ayant bénéficié de la plus grande
partie des fonds consacrés à la lutte contre les mines
étaient : l’Afghanistan (66,8 millions de dollars), le Soudan
(48,4 millions), l’Angola (35,8 millions), l’Irak (27,8 millions) et
le Cambodge (23,9 millions). Le Soudan a bénéficié quant
à lui de la plus forte hausse des aides financières
accordées (33,4 millions en plus, ce qui représentait plus de
trois fois le montant reçu en 2004). D’autres Etats ou
régions ont touché au moins 1 million de dollars de plus que
l’année dernière : l’Abkhazie, l’Albanie,
le Burundi, la Guinée-Bissau et l’Ouganda.
Diminution des financements accordés à de nombreux pays
minés
Certains pays ont subi des réductions drastiques des fonds
alloués à la lutte contre les mines : l’Irak (30,9
millions de dollars de moins, soit 53 %), l’Afghanistan (25 millions de
moins, soit 27 %) et le Cambodge (17,7 millions de moins, soit 43 %). En 2005,
des baisses importantes ont affecté d’autres pays tels que la
Bosnie-Herzégovine, la Colombie, la Jordanie, le Mozambique, le Sri Lanka
et le Tadjikistan.
Plusieurs programmes importants d’action contre les mines sont
confrontés à des déficits de financement
Dans au moins cinq pays minés, les programmes d’action contre
les mines ont dû être limités en raison de financements
insuffisants : c’est le cas en Afghanistan, Guinée-Bissau,
Irak, Mauritanie et au Tadjikistan ; en Croatie, les parlementaires ont
appelé le gouvernement à augmenter les fonds alloués
à l’action contre les mines.
Insuffisance des fonds alloués à l’assistance aux
victimes de mines
En 2005, plusieurs programmes d’assistance aux survivants
d’accidents provoqués par des mines ont été
confrontés à de graves déficits de financement qui ont
empêché de fournir des services de base aux survivants, à
leurs familles ainsi qu’à leurs communautés malgré
une augmentation d’environ 29 pour cent des fonds destinés à
l’assistance aux victimes de mines qui se sont élevés
à 37 millions de dollars. Cette augmentation s’explique en grande
partie par la modification de la communication des informations. Les programmes
d’assistance aux survivants d’accidents dus aux mines
requièrent des niveaux de financement soutenus et bien plus
élevés.
Augmentation du financement national dans les pays minés
En 2005, certains pays minés ont investi plus
de ressources nationales dans la lutte contre les mines, notamment la Croatie
(32,4 millions de dollars, soit 57 % de dépenses consacrées
à la lutte contre les mines) et la Bosnie-Herzégovine (11,3
millions, soit 44 % en faveur l’action contre les mines).
L’Azerbaïdjan et le Chili ont également augmenté leurs
contributions. En 2005, plusieurs pays minés ont annoncé une
diminution des contributions nationales à la lutte contre les
mines : il s’agissait notamment de la Colombie, du Mozambique et de
la Thaïlande.